Une
journée dans la vie de Cable Bahamas
Doté d'une architecture HFC 750 MHz entièrement adressable
et presque complètement mise en place, le réseau Cable
Bahamas dessert quelque 35 000 abonnés résidentiels
(plus les vacanciers) et est prêt à offrir sous peu
des services de téléphonie. Le hic : l'organisme de
réglementation des télécommunications de l'île
est aussi le fournisseur actuel des services de télécommunications.
Après
la vente de ses systèmes de câblodistribution ruraux
à Terre-Neuve et au Nouveau-Brunswick au début des
années 1990, l'entrepreneur Philip Keeping décide
de s'aventurer à l'extérieur du Canada. Il se tourne
plus particulièrement vers les Bahamas, dans les Caraïbes,
où il obtient deux concessions en octobre 1994.
Cable
Bahamas dessert aujourd'hui 27 000 abonnés à Nassau
et 8 000 aux Grand Bahamas, y compris Freeport, et elle prévoit
desservir un total de 50 000 clients avant le début de 1998.
De plus, M. Keeping espère obtenir un contrat pour 5 000
chambres d'hôtel - le système dessert actuellement
3 000 chambres - d'ici le milieu de 1997.
«Nous
croyons que les Bahamas offrent le meilleur marché de câblodistribution
de toutes les Caraïbes,» affirme M. Keeping, en précisant
que la langue parlée sur l'île étant l'anglais,
cela élimine les problèmes de programmation. Comme
les Bahamas ont le revenu le plus élevé par tête
de la région et qu'elles sont situées près
des États-Unis, l'existence de services de câblodistribution
est bien connue. L'île utilise un système électrique
de 110/220 V et le standard vidéo NTSC plutôt que PAL.
Aussi, il n'y a aucun régime d'imposition aux Bahamas.
«Cela
constitue un environnement d'investissement très attirant»,
nous fait remarquer M. Keeping. Il semble que d'autres soient d'accord
avec lui, car une proportion de 51 % du système appartient
aux résidents de la localité (une clause gouvernementale
respectée par une offre publique de 20 millions de dollars
faite en juin 1995) qui ont vu les actions de la Compagnie s'élever
d'une valeur de 1 $ à 3 $, ce qui représente une augmentation
de 200 %.
Selon
M. Keeping, la clé du futur succès de Cable Bahamas
repose sur l'architecture HFC (système hybride fibre et coaxial)
750 MHz presque achevée du système, à Nassau.
Ce système de conception modulaire comprend 1 310 lasers
nanométriques - chacun muni de quatre ou cinq noeuds - qui
alimentent des sous-sections du réseau contenant aussi peu
que 1 000 abonnés. Cela permet au système de fournir
des services de diffusion ciblée.
«Nous
installons de la fibre même dans les hôtels et sur les
nuds desservant 200 domiciles», déclare M. Keeping,
expliquant que la plupart des câblodistributeurs implantent
la technologie HFC sur des nuds desservant de 500 à
1 000 domiciles. Puisque le prix de la fibre est à la baisse
(environ le même prix qu'un amplificateur de réseau),
Cable Bahamas a décidé d'implanter la fibre au plus
profond du système, en installant un maximum de deux prolongateurs
de ligne par noeud.
En
présence d'une telle quantité de fibre, il y a peu
d'éléments actifs au-delà du nud, ce
qui confère au système l'architecture idéale
pour l'ajout d'un réseau SCP ou d'un réseau téléphonique
complet, à un coût relativement bas. Le coût
de l'architecture HFC complète de Cable Bahamas, réparti
en fonction de la base actuelle d'abonnés, revient à
750 $ par client.
Les
fournisseurs d'équipement pour le réseau incluent
Alcatel (fibre), ADC Telecommunications (noeuds, lasers et raccordements
croisés), Scientific-Atlanta (tête de réseau),
General Instrument (décodeur CFT 2200) et Electroline, fournisseur
canadien de prises. D'ajouter M. Keeping :
«Toutes
nos prises sont adressables et nous sommes heureux de cette décision.
Cela rajoute un coût d'environ 2 millions de dollars à
notre réseau, mais nous croyons qu'une telle installation
est déjà rentabilisée, car nous évitons
les sorties de camions pour aller déconnecter les abonnés
qui ne règlent pas leur compte.
Aussi,
nous apportons à notre système des améliorations
qui sont encore à l'état d'ébauche chez d'autres
fournisseurs, dit-il. Par exemple, Cable Bahamas est en train d'ajouter
un serveur de vidéo numérique de 20 canaux, destiné
à fournir un service de paiement sélectif aux particuliers
comme aux hôtels.»
Une
autre avenue explorée est celle de la téléphonie
par câble. Du point de vue technique, la Compagnie est prête
à offrir le service téléphonique à Nassau,
mais les plans ont été gelés en raison des
lois gouvernementales. Le problème (et c'en est tout un)
est que l'organisme de réglementation, Bahamas Telecommunications
Corp., est aussi le fournisseur de télécommunications.
«Nous sommes aux prises avec une situation assez irrégulière,
car l'organisme de réglementation et le fournisseur de télécommunications
sont une seule et même entité qui tient absolument
à conserver le monopole.»
À
Freeport même - l'autre secteur franchisé de Cable
Bahamas - la situation est quelque peu différente en matière
de réglementation. «Ici, notre licence nous permet
de transmettre des données, ajoute M. Keeping, et nous avons
l'intention de nous y mettre d'ici le troisième trimestre
de 1997.»
Du
point de vue de la commercialisation, Cable Bahamas, l'unique câblodistributeur
de l'île, effectue des ventes génériques représentant
en moyenne 60 à 70 installations par jour. Pour ce qui est
de la perception des comptes, peu de clients de la Compagnie envoient
un chèque par la poste ou utilisent la méthode de
prélèvement automatique. «Un très grand
pourcentage de clients viennent régler leur compte en personne,
ce qui représente un certain défi de gestion les jours
de pointe, à la fin du mois, lorsque nous recevons entre
2 500 et 2 800 personnes. Nous avons eu des difficultés d'adaptation
au début, mais nous arrivons maintenant à passer toutes
ces personnes rapidement.»
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Article écrit par Andy Jose et publié dans le numéro
de février 1997 de la revue International Cable.
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